Protéger un logiciel contre la contrefaçon : droits et sanctions

Contrefaçon de logiciels : éléments protégeables, preuves à réunir et sanctions civiles ou pénales pour défendre efficacement vos créations.

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Comment se protéger contre la contrefaçon de logiciels : cadre juridique

La protection contre la contrefaçon de logiciels repose sur un cadre juridique établi. Les éléments qui peuvent être protégés légalement et les droits spécifiques accordés aux créateurs sont présentés ci-dessous.

Éléments protégeables contre la contrefaçon logicielle

Le droit de la propriété intellectuelle couvre plusieurs composants d’un programme informatique. La protection s’étend au matériel de conception préparatoire ainsi qu’au code source et au code objet.

La documentation technique et les manuels d’utilisation bénéficient également d’une protection juridique. Les interfaces logiques et l’architecture du programme sont aussi concernées par ces dispositions légales.

En revanche, les idées et principes qui sous-tendent le logiciel ne peuvent pas être protégés. Cette exclusion vise à préserver la capacité d’innovation du secteur informatique.

Droits et prérogatives du créateur de logiciel

Le créateur d’un programme informatique dispose de trois droits patrimoniaux fondamentaux : la reproduction du code, sa modification et sa commercialisation. Ces prérogatives s’acquièrent automatiquement dès la création, sans nécessiter de dépôt préalable.

Le mode de distribution SaaS constitue une protection naturelle puisque le code source reste hébergé sur des serveurs sécurisés. Les utilisateurs n’ont accès qu’à l’interface du programme.

Certains logiciels peuvent faire l’objet d’un brevet, notamment lorsqu’ils sont intégrés à des systèmes physiques ou qu’ils traitent des données issues de tels systèmes. Cette protection complémentaire renforce les droits du créateur.

Mesures préventives pour protéger un logiciel contre la contrefaçon

Face à la multiplication des atteintes à la propriété intellectuelle dans le domaine informatique, la mise en place de mesures préventives est nécessaire. Les actions judiciaires disponibles et la constitution d’un dossier de preuves sont abordées ci-dessous.

Actions judiciaires contre la contrefaçon de logiciels

Le droit français offre deux voies de recours contre la contrefaçon informatique. L’action civile permet d’obtenir réparation des préjudices subis par le biais de dommages et intérêts, avec une prescription de 5 ans.

Sur le plan pénal, les sanctions peuvent atteindre 3 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende. La prescription s’étend sur 6 ans à compter des faits. Le tribunal peut ordonner la confiscation du matériel ayant servi à la contrefaçon.

Constitution du dossier de preuves

L’établissement d’un dossier de preuves nécessite une méthode précise. Il faut documenter l’ampleur de la contrefaçon en quantifiant le nombre d’exemplaires distribués illégalement.

L’évaluation des bénéfices réalisés par le contrefacteur constitue un élément déterminant pour le calcul des dommages et intérêts. La collecte de factures, contrats ou tout document comptable est donc nécessaire.

L’identification précise du contrefacteur doit être établie, de même que la localisation géographique des actes de contrefaçon. La chronologie des faits doit être documentée pour garantir le succès de l’action en justice.

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Rédigé par Lucien Trouette

Conseil en propriété industrielle, Lucien Trouette accompagne la protection et la valorisation des inventions, notamment en chimie et mécanique.

Publié le 11 février 2025Modifié le 6 juillet 2026

Questions fréquentes

Comment protéger légalement un logiciel contre la contrefaçon ?

La protection est plus robuste lorsque l’entreprise peut prouver qui a créé quoi, à quelle date et dans quel cadre contractuel. Pensez aux clauses de cession de droits, au versioning du code, aux dépôts probatoires et à la traçabilité des contributions externes.

Quelles sont les sanctions prévues en cas de contrefaçon de logiciel ?

Les sanctions dépendent des faits établis et des demandes présentées. Avant d’agir, il faut évaluer l’objectif prioritaire : faire cesser l’usage, obtenir une indemnisation, récupérer des informations, préserver une preuve ou négocier une régularisation.

Quels éléments faut-il réunir pour prouver la contrefaçon d'un logiciel ?

La preuve doit comparer des éléments précis : code, architecture, interfaces, documentation, comportements fonctionnels ou traces d’accès. Il faut aussi démontrer vos droits sur le logiciel, car la titularité est souvent un point contesté.

Pendant combien de temps un logiciel est-il protégé contre la contrefaçon ?

La durée de protection ne dispense pas de conserver les preuves dans le temps. Les dépôts, historiques Git, contrats, factures de développement et cahiers de conception peuvent devenir décisifs plusieurs années après la création.

Quels sont les droits du créateur pour protéger son logiciel ?

En entreprise, il faut distinguer créateur personne physique, employeur, client et prestataire. Les droits exploitables dépendent souvent du contrat de travail, du contrat de prestation ou de la cession prévue pour le projet.

Le mode SaaS offre-t-il une protection contre la contrefaçon de logiciel ?

Le SaaS réduit l’exposition du code, mais ne supprime pas les risques : extraction de fonctionnalités, copie d’interface, accès non autorisé, scraping ou réutilisation de composants. Les contrats, logs, mesures de sécurité et licences restent importants.

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