Un modèle de pitch deck pour une levée de fonds en 12 slides donne un ordre de travail, pas une règle universelle. Y Combinator indique qu’il n’existe pas de format fixe, tandis que Sequoia propose une série de thèmes récurrents : raison d’être, problème, solution, marché, concurrence, modèle économique, équipe, finances et vision.
La trame ci-dessous ajoute la traction et la demande de financement pour former un deck de douze diapositives. Vous pouvez fusionner ou déplacer des sections selon le stade, le temps de présentation et les questions de l’investisseur. Le but est de rendre le raisonnement compréhensible et vérifiable, sans transformer le support en business plan miniature.
Les 12 slides du pitch deck
Slide 1 — L’entreprise en une phrase
Affichez le nom, une phrase déclarative qui explique ce que fait l’entreprise et, si elle apporte une information utile, une donnée de traction. Évitez les slogans qui ne permettent pas d’identifier le produit, le client ou l’usage.
Slide 2 — Le problème
Décrivez le problème du client, sa fréquence et les solutions utilisées aujourd’hui. Une citation d’entretien, une mesure d’usage ou un coût observé vaut mieux qu’une affirmation générale. Le lecteur doit comprendre pour qui le problème est important.
Slide 3 — La solution et le produit
Montrez comment le produit répond au problème. Une capture, un schéma simple ou une courte démonstration peut remplacer plusieurs paragraphes. Distinguez le produit disponible de la feuille de route afin de ne pas présenter une fonction future comme acquise.
Slide 4 — Pourquoi maintenant ?
Expliquez ce qui rend l’opportunité possible ou urgente : évolution réglementaire, changement d’usage, baisse d’un coût technologique, nouvelle infrastructure ou maturité du marché. Cette slide n’est utile que si le facteur temporel est réel et documenté.
Slide 5 — Le marché ciblé
Définissez d’abord le client accessible, puis élargissez le raisonnement. Présentez les sources, l’année et la méthode de calcul. Un marché construit à partir du nombre de clients visés et d’un revenu plausible est souvent plus lisible qu’un pourcentage arbitraire d’un marché mondial.
Slide 6 — La traction
Choisissez quelques indicateurs liés au modèle : revenus récurrents, croissance, rétention, usage, conversion, contrats signés, pilotes ou délai de vente. Précisez la période et la définition. Si la société est précommerciale, présentez les preuves adaptées à son stade sans inventer un équivalent de chiffre d’affaires.
Slide 7 — Le modèle économique
Expliquez qui paie, pour quoi, selon quel prix ou mécanisme de revenu. Ajoutez les principaux coûts variables et, si les données sont suffisamment mûres, des éléments d’économie unitaire. Le modèle économique doit rester cohérent avec les clients et la mise sur le marché décrits ailleurs.
Slide 8 — La stratégie de mise sur le marché
Présentez le canal d’acquisition, le cycle de vente, les partenaires éventuels et les premières étapes d’expansion. Reliez la stratégie à des tests ou résultats observés. Une longue liste de canaux non priorisés ne constitue pas un plan commercial.
Slide 9 — La concurrence et les alternatives
Incluez les concurrents directs, les solutions indirectes et le statu quo. Montrez les critères de choix qui comptent pour le client. Évitez une matrice où l’entreprise obtient toutes les cases positives : elle révèle rarement les compromis réels du marché.
Slide 10 — L’équipe
Reliez l’expérience des fondateurs et responsables aux risques du projet : technologie, secteur, commercialisation, réglementation ou recrutement. Mentionnez les rôles manquants lorsque leur recrutement fait partie du plan financé. Les biographies complètes peuvent rester en annexe.
Slide 11 — Les projections et les moteurs
Présentez les hypothèses qui expliquent les chiffres : clients, prix, marge, recrutements, investissements et consommation de trésorerie. Les projections servent surtout à discuter du modèle et des besoins. Faites apparaître la période couverte et distinguez réalisé, budget et scénario.
Slide 12 — La levée et l’usage des fonds
Indiquez le montant recherché, l’horizon financé et les jalons visés. Répartissez l’usage des fonds par objectifs compréhensibles : produit, recrutement, commercialisation, certification ou capacité industrielle. Terminez par les coordonnées et la prochaine étape attendue.
Comment rendre le deck lisible sans l’appauvrir
Bpifrance rappelle que le pitch deck illustre le discours et doit rester lisible, précis, clair et aéré. Pour un document envoyé sans présentation, ajoutez juste assez de contexte pour qu’un associé puisse le relire. Y Combinator recommande un récit cohérent et privilégie les graphiques, captures et visuels aux blocs de texte.
- Une idée principale par slide, annoncée par un titre qui porte le message.
- Des unités, périodes et sources visibles sur chaque graphique.
- Une taille de texte lisible et un contraste suffisant.
- Une version datée pour éviter la circulation de chiffres contradictoires.
- Des informations confidentielles limitées au niveau nécessaire au premier échange.
Quelles annexes préparer ?
Le deck principal n’a pas à répondre à toutes les questions. Préparez des slides de réserve sur les sujets susceptibles d’être approfondis : cohortes, économie unitaire, architecture produit, propriété intellectuelle, réglementation, détail du marché, plan de recrutement et scénarios financiers.
Techstars distingue notamment un teaser bref, un deck de réunion et un support d’approfondissement. Cette séparation évite d’ajouter au document principal des détails utiles seulement à un stade ultérieur.
Contrôle final avant l’envoi
- Une personne extérieure comprend-elle l’activité dès la première slide ?
- Les affirmations clés sont-elles reliées à une preuve ou à une source ?
- Les chiffres sont-ils cohérents entre marché, traction, modèle et projections ?
- Le montant recherché correspond-il aux jalons et à la durée annoncés ?
- Le fichier s’ouvre-t-il correctement, avec une version et des coordonnées à jour ?
Testez enfin le deck à l’oral et en lecture autonome. Les questions qui reviennent indiquent les slides à clarifier ou les annexes à ajouter ; elles ne justifient pas forcément d’allonger les douze slides principales.
Le deck prépare la discussion ; il ne remplace ni l’audit ni la négociation. Avant de l’envoyer, utilisez la checklist de due diligence pour repérer les pièces et incohérences qui seront examinées. Le guide négocier une levée de fonds permet ensuite de relier le montant recherché aux conditions proposées.

Rédigé par Carine Doyharçabal
Docteure en génétique quantitative, Carine Doyharçabal accompagne la structuration, le financement et le pilotage des projets de R&D.

