La valorisation de la sous-traitance: une nouvelle jurisprudence impactante pour le CIR
La Cour administrative d’appel de Toulouse (29-7-2024 n° 22TL21947) vient de rendre une décision concernant les modalités de prise en compte des dépenses de sous-traitance dans le calcul du Crédit d’impôt recherche. Ces précisions livrées par la juridiction administrative imposent aux entreprises de repenser leur approche de la sous-traitance. Ces règles ont des implications pour les sociétés qui s’appuient fortement sur des partenariats externes pour leurs activités de recherche et développement.
Les points à retenir
- Les dépenses sous-traitées doivent être effectivement payées dans l’année pour être prises en compte dans le CIR
- La simple production de factures ne suffit plus à justifier l’éligibilité des dépenses
- Cette interprétation diffère de celle de la Cour Administrative d’Appel de Versailles qui avait retenu les règles applicables à la comptabilité d’engagement dans une décision antérieure (CAA Versailles 30-12-2014 n° 14VE00810)
Comment prendre en compte et sécuriser la sous-traitance dans le CIR?
Pour présenter vos dépenses de sous-traitance dans le CIR, il faut respecter certaines règles de base. D’abord, vérifiez que votre sous-traitant dispose bien de l’agrément CIR délivré par le Ministère de la Recherche. Ensuite, respectez les plafonds en vigueur: 2 millions d’euros s’il existe un lien de dépendance entre vous et vos sous-traitants, et 10 millions d’euros dans le cas contraire.
Face à la décision de la CAA de Toulouse, les entreprises doivent s’assurer une approche plus structurée et méthodique:
- Définir les échéances de paiement en les alignant sur l’exercice fiscal concerné, puisque seules les dépenses effectivement payées seront désormais prises en compte
- Mettre en place un système de traçabilité pour suivre chaque transaction et s’assurer que les paiements sont effectués dans l’année fiscale concernée
- Documenter les prestations réalisées avec des preuves tangibles (livrables, rapports d’avancement, comptes-rendus)
- Centraliser la gestion des justificatifs dans un système regroupant contrats, factures et preuves de paiement
- Adapter les contrats aux nouvelles exigences juridiques pour garantir la conformité et faciliter la justification des dépenses
Les impacts de la nouvelle jurisprudence sur la gestion administrative et financière
La nouvelle décision de justice impose aux entreprises de revoir leur organisation financière et administrative. Concrètement, les paiements aux sous-traitants doivent désormais être effectués durant l’année pour laquelle l’entreprise souhaite les déclarer dans son CIR. Cette contrainte nécessite une planification plus précise de la trésorerie et une coordination étroite entre les équipes financières et opérationnelles. Les entreprises doivent donc adapter leur calendrier de paiements et leur budget pour s’assurer que toutes les dépenses de sous-traitance qu’elles souhaitent présenter dans leur CIR soient bien réglées dans l’année concernée.
Les aspects juridiques et opérationnels
Pour s’adapter à ces nouvelles exigences, les entreprises doivent réviser leurs contrats de sous-traitance. Les conditions de paiement et les obligations de documentation doivent être clairement définies pour garantir la conformité du CIR. Au niveau opérationnel, il faut mettre en place un suivi des paiements et conserver l’ensemble des documents justificatifs. Chaque facture, preuve de paiement et livrable doit être soigneusement archivée pour justifier l’éligibilité des dépenses au CIR. Cette organisation renforcée permettra aux entreprises de sécuriser leur dispositif CIR tout en maintenant leurs relations avec leurs sous-traitants.
Un accompagnement pour sécuriser vos partenariats
Dans ce contexte de complexification juridique, l’accompagnement par des pourrait vous être d’une grande aide. Klarc se positionne comme un partenaire pour les entreprises souhaitant sécuriser leurs pratiques de sous-traitance et améliorer leur CIR.
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Docteure en statistique appliquée, Carine Doyharçabal accompagne la qualification et la sécurisation des travaux de R&D&I chez Klarc.
