L’agrément CII concerne les entreprises qui réalisent des travaux d’innovation pour des PME clientes. Que prouve-t-il exactement ? Que le sous-traitant dispose de moyens humains et techniques adaptés — rien de plus. Le projet du donneur d’ordre et chaque prestation facturée devront encore être examinés.
Autrement dit, la décision porte sur la capacité du prestataire. L’éligibilité fiscale, elle, dépend du projet et des opérations réellement menées.
À quoi sert l’agrément CII ?
Lorsque les conditions fiscales sont réunies, une PME peut intégrer à l’assiette de son CII les dépenses d’innovation confiées à un prestataire agréé. Mais la charge de la preuve demeure : le projet doit porter sur la conception d’un prototype ou d’une installation pilote de produit nouveau, et la facture doit correspondre aux opérations retenues.
Attention au périmètre juridique. Le numéro appartient à l’entité agréée ; une société sœur ne peut pas le reprendre comme s’il couvrait tout le groupe.
Qui peut demander l’agrément ?
PME ou non, toute entreprise établie dans l’Union européenne peut déposer une demande. À elle de montrer comment son équipe et ses moyens techniques contribuent à la conception d’un produit nouveau.
« Développement », « design » ou « conseil » : aucun de ces intitulés ne suffit. Décrivez plutôt le rôle tenu dans les travaux, les difficultés traitées, les choix effectués et les livrables remis.
Choisir la bonne procédure
Il faut d’abord choisir entre deux parcours :
- Demande exclusivement CII : elle concerne l’entreprise qui n’est pas titulaire d’un agrément CIR en cours de validité. La téléprocédure actuelle couvre la période 2026-2030.
- Demande liée au CIR : l’entreprise déjà agréée CIR, ou qui demande simultanément les deux agréments, suit la procédure CIR prévue à cet effet.
Pour une demande exclusivement CII, la Direction générale des Entreprises indique une date limite au 30 septembre de l’année en cours. Ce repère ne doit pas être transposé à une demande couplée au CIR.
Préparer les pièces avant d’ouvrir le formulaire
La téléprocédure demande notamment une présentation des activités d’innovation et les CV des personnes concernées. Des diplômes et d’autres pièces justificatives peuvent compléter le dossier. Avant de commencer, rassemblez une version stable des informations suivantes :
- identité exacte de l’entité demanderesse et coordonnées du responsable du dossier ;
- organisation de l’équipe qui participe aux travaux d’innovation ;
- compétences, fonctions et expérience des intervenants ;
- moyens techniques réellement disponibles ;
- description d’une activité ou d’une opération représentative ;
- rôle du prestataire, étapes suivies et livrables produits.
Relisez ensuite l’ensemble comme le ferait une personne extérieure. Les pièces parlent-elles de la même société et de la même activité ? Un organigramme récent associé à des CV anciens, ou une promesse commerciale sans lien avec les livrables techniques, brouille vite la démonstration.
Décrire une opération convaincante
Le nom du client et celui du produit ne racontent presque rien. Un exemple utile expose le point de départ, l’objectif de performance, les travaux confiés et la contribution exacte de l’équipe à la conception.
Écrire « développement d’une application » reste trop vague. Quel produit était visé ? Quelles performances le distinguaient du marché ? Quels choix ont été étudiés, quels essais ont été menés et quels résultats ont été remis au client ? Des documents datés doivent répondre à ces questions.
Éviter les faiblesses les plus courantes
- Confondre compétence générale et opération d’innovation : les diplômes ne remplacent pas la description des travaux.
- Présenter tout le catalogue de services : mieux vaut un exemple précis qu’une longue liste de prestations.
- Oublier le marché de référence : le produit doit présenter des performances supérieures et mesurables par rapport aux produits déjà commercialisés.
- Décrire seulement l’exécution : le dossier doit rendre visible la contribution à la conception du produit nouveau.
- Mélanger plusieurs sociétés du groupe : les personnes, moyens et contrats doivent être rattachés à l’entité qui demande l’agrément.
Après le dépôt et après la décision
Après l’envoi, le calendrier dépend surtout de la complétude du dossier et des échanges avec l’administration. Les estimations affichées par la téléprocédure décrivent les dossiers récents ; elles ne garantissent aucune date de décision. En cas de demande de précision, une réponse rapide et documentée vaut mieux qu’une justification improvisée au dernier moment.
Une fois la décision obtenue, communiquez sans ambiguïté le numéro, la période de validité et l’entité titulaire. Puis conservez, mission par mission, le contrat, le cahier des charges, les temps, les livrables et les factures : cette trace distingue les opérations susceptibles d’entrer dans le CII des prestations courantes.
Pour comparer cette démarche aux autres échéances, consultez le calendrier de la fiscalité de l’innovation. Le guide CII 2026 : taux et déclaration détaille, de son côté, les règles applicables au donneur d’ordre.
Pour préparer la démonstration des moyens et de l’opération présentée, découvrez notre accompagnement à l’agrément CII.

Rédigé par Samuel Bélé
Ancien inspecteur des finances publiques, Samuel Bélé accompagne les entreprises en fiscalité, contrôle fiscal, CIR et CII.

