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L’agrément CII atteste les moyens du prestataire, mais ne valide ni le projet du client ni chaque facture émise.
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Une demande exclusivement CII doit être déposée avant le 30 septembre, tandis qu’une demande couplée suit le calendrier CIR.
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Le dossier doit relier une équipe, des moyens, une opération représentative et des preuves datées appartenant à l’entité demanderesse.
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Des devis et factures ventilés facilitent la séparation entre conception innovante, développement courant, déploiement, maintenance et formation.
Dans cet article
L’agrément CII concerne les entreprises qui réalisent des travaux d’innovation pour des PME clientes. Que prouve-t-il exactement ? Que le sous-traitant dispose de moyens humains et techniques adaptés — rien de plus. Le projet du donneur d’ordre et chaque prestation facturée devront encore être examinés.
Autrement dit, la décision porte sur la capacité du prestataire. L’éligibilité fiscale, elle, dépend du projet et des opérations réellement menées.
À quoi sert l’agrément CII ?
Lorsque les conditions fiscales sont réunies, une PME peut intégrer à l’assiette de son CII les dépenses d’innovation confiées à un prestataire agréé. Mais la charge de la preuve demeure : le projet doit porter sur la conception d’un prototype ou d’une installation pilote de produit nouveau, et la facture doit correspondre aux opérations retenues.
Attention au périmètre juridique. Le numéro appartient à l’entité agréée ; une société sœur ne peut pas le reprendre comme s’il couvrait tout le groupe.
Qui peut demander l’agrément ?
PME ou non, toute entreprise établie dans l’Union européenne peut déposer une demande. À elle de montrer comment son équipe et ses moyens techniques contribuent à la conception d’un produit nouveau.
« Développement », « design » ou « conseil » : aucun de ces intitulés ne suffit. Décrivez plutôt le rôle tenu dans les travaux, les difficultés traitées, les choix effectués et les livrables remis.
Choisir la bonne procédure
Il faut d’abord choisir entre deux parcours :
- Demande exclusivement CII : elle concerne l’entreprise qui n’est pas titulaire d’un agrément CIR en cours de validité. La téléprocédure actuelle couvre la période 2026-2030.
- Demande liée au CIR : l’entreprise déjà agréée CIR, ou qui demande simultanément les deux agréments, suit la procédure CIR prévue à cet effet.
Pour une demande exclusivement CII, la Direction générale des Entreprises indique une date limite au 30 septembre de l’année en cours. Ce repère ne doit pas être transposé à une demande couplée au CIR.
Préparer les pièces avant d’ouvrir le formulaire
La téléprocédure demande notamment une présentation des activités d’innovation et les CV des personnes concernées. Des diplômes et d’autres pièces justificatives peuvent compléter le dossier. Avant de commencer, rassemblez une version stable des informations suivantes :
- identité exacte de l’entité demanderesse et coordonnées du responsable du dossier ;
- organisation de l’équipe qui participe aux travaux d’innovation ;
- compétences, fonctions et expérience des intervenants ;
- moyens techniques réellement disponibles ;
- description d’une activité ou d’une opération représentative ;
- rôle du prestataire, étapes suivies et livrables produits.
Relisez ensuite l’ensemble comme le ferait une personne extérieure. Les pièces parlent-elles de la même société et de la même activité ? Un organigramme récent associé à des CV anciens, ou une promesse commerciale sans lien avec les livrables techniques, brouille vite la démonstration.
Décrire une opération convaincante
Le nom du client et celui du produit ne racontent presque rien. Un exemple utile expose le point de départ, l’objectif de performance, les travaux confiés et la contribution exacte de l’équipe à la conception.
Écrire « développement d’une application » reste trop vague. Quel produit était visé ? Quelles performances le distinguaient du marché ? Quels choix ont été étudiés, quels essais ont été menés et quels résultats ont été remis au client ? Des documents datés doivent répondre à ces questions.
Éviter les faiblesses les plus courantes
- Confondre compétence générale et opération d’innovation : les diplômes ne remplacent pas la description des travaux.
- Présenter tout le catalogue de services : mieux vaut un exemple précis qu’une longue liste de prestations.
- Oublier le marché de référence : le produit doit présenter des performances supérieures et mesurables par rapport aux produits déjà commercialisés.
- Décrire seulement l’exécution : le dossier doit rendre visible la contribution à la conception du produit nouveau.
- Mélanger plusieurs sociétés du groupe : les personnes, moyens et contrats doivent être rattachés à l’entité qui demande l’agrément.
Construire un dossier qui résiste à une lecture contradictoire
Un dossier solide ne se contente pas d’affirmer que l’entreprise sait innover. Il permet à l’instructeur de relier, sans supposition, quatre éléments : une équipe identifiée, des moyens détenus par l’entité demanderesse, une opération représentative et des preuves datées. Cette chaîne est importante, car l’agrément est attaché à une personne morale précise. Les compétences d’un dirigeant ou d’une société sœur ne compensent pas automatiquement l’absence de moyens chez le demandeur.
Utiliser une matrice « affirmation, preuve, propriétaire »
| Affirmation du dossier | Preuve utile | Point de contrôle |
|---|---|---|
| L’équipe contribue à la conception | CV, fiches de poste, feuilles de temps, comptes rendus | Les personnes sont bien salariées ou mobilisées par l’entité demanderesse. |
| Le prestataire dispose des moyens annoncés | Inventaire, licences, environnement d’essai, procédures | Les moyens existaient pendant l’opération présentée. |
| Le produit recherchait une performance nouvelle | État du marché, spécifications, critères d’essai | La comparaison porte sur des produits disponibles au début des travaux. |
| Les travaux ont contribué au prototype | Versions, maquettes, rapports d’essai, livrables | Les documents distinguent conception, exécution courante et maintenance. |
Cette matrice fait apparaître les lacunes avant le dépôt. Si une affirmation importante n’a ni pièce ni responsable clairement identifié, il vaut mieux la préciser ou la retirer que la laisser sous forme de promesse générale.
Délimiter les travaux facturables au client
L’obtention de l’agrément ne transforme pas l’intégralité du chiffre d’affaires du prestataire en dépenses éligibles. Pour chaque mission, le client doit pouvoir isoler les opérations qui contribuent effectivement à la conception du prototype ou de l’installation pilote. Une facture globale mêlant cadrage commercial, développement standard, formation, hébergement et travaux d’innovation complique cette démonstration.
Avant la signature, il est donc utile de structurer le devis par lots et livrables. Un lot potentiellement éligible doit décrire son objectif de performance, les travaux de conception attendus, les intervenants et les éléments remis. Les activités courantes restent séparées. Cette ventilation n’emporte pas, à elle seule, l’éligibilité fiscale, mais elle rend le rapprochement entre contrat, facture, temps et preuves beaucoup plus fiable.
Décider si une prestation mérite d’être présentée comme innovante
- Identifiez le produit nouveau auquel la prestation contribue, et non le seul service vendu.
- Définissez la performance supérieure recherchée par rapport au marché de référence.
- Repérez les choix de conception, essais ou itérations confiés au prestataire.
- Écartez la production, le déploiement, la maintenance et les adaptations ordinaires.
- Vérifiez que des livrables contemporains permettront au client de justifier la dépense.
Si ces cinq questions restent sans réponse, l’agrément ne réparera pas le défaut de qualification de la mission. Il est préférable de traiter la prestation comme courante plutôt que de laisser le client supposer qu’un numéro d’agrément suffit.
Anticiper la période suivant l’agrément
La décision doit être gérée comme un document fiscal vivant. Conservez la notification originale, ses dates d’effet et l’identité exacte du titulaire. Informez les équipes commerciales de ce périmètre afin d’éviter qu’elles présentent l’agrément comme une certification de toutes les offres. Sur les devis et attestations, une formule prudente rappelle que l’éligibilité finale dépend du projet du client et des travaux effectivement réalisés.
Organisez aussi un dossier par mission avec le contrat, les versions du cahier des charges, les personnes mobilisées, les temps, les comptes rendus de choix techniques, les essais, les livrables et les factures ventilées. Ce classement sert autant au client qu’au prestataire : il réduit le risque de devoir reconstituer plusieurs années plus tard le rôle exact de chacun.
Après le dépôt et après la décision
Après l’envoi, le calendrier dépend surtout de la complétude du dossier et des échanges avec l’administration. Les estimations affichées par la téléprocédure décrivent les dossiers récents ; elles ne garantissent aucune date de décision. En cas de demande de précision, une réponse rapide et documentée vaut mieux qu’une justification improvisée au dernier moment.
Une fois la décision obtenue, communiquez sans ambiguïté le numéro, la période de validité et l’entité titulaire. Puis conservez, mission par mission, le contrat, le cahier des charges, les temps, les livrables et les factures : cette trace distingue les opérations susceptibles d’entrer dans le CII des prestations courantes.
Pour comparer cette démarche aux autres échéances, consultez le calendrier de la fiscalité de l’innovation. Le guide CII 2026 : taux et déclaration détaille, de son côté, les règles applicables au donneur d’ordre.
Pour préparer la démonstration des moyens et de l’opération présentée, découvrez notre accompagnement à l’agrément CII.

Auteur : Samuel Bélé
Responsable de missionQuestions fréquentes
Voici les réponses aux questions fréquentes sur ce sujet.
Quelle est la date limite d’une demande d’agrément CII en 2026 ?
Quelle est la date limite d’une demande d’agrément CII en 2026 ?
Pour une demande exclusivement CII, non couplée à un agrément CIR, la DGE indique le 30 septembre de l’année en cours.
Faut-il être une PME pour demander l’agrément CII ?
Faut-il être une PME pour demander l’agrément CII ?
Non. Toute entreprise de l’Union européenne peut demander l’agrément, qu’elle soit ou non une PME. Le CII du donneur d’ordre reste, lui, réservé aux PME.
L’agrément garantit-il l’éligibilité des factures ?
L’agrément garantit-il l’éligibilité des factures ?
Non. Le client doit encore justifier l’éligibilité de son projet et des opérations sous-traitées. L’agrément atteste des moyens du prestataire.
Où déposer la demande d’agrément CII ?
Où déposer la demande d’agrément CII ?
La demande exclusivement CII est déposée sur la téléprocédure officielle accessible depuis la page CII de la Direction générale des Entreprises.
Agrément et rescrit CII sont-ils identiques ?
Agrément et rescrit CII sont-ils identiques ?
Non. L’agrément vise la capacité d’un sous-traitant. Le rescrit est une prise de position sur l’éligibilité du projet d’innovation présenté par une PME.

