-
Vérifiez l’inscription sur l’annuaire officiel de l’INPI et la mention de spécialisation avant tout autre critère : le titre de CPI est réservé aux professionnels inscrits.
-
Choisissez la mention pertinente — brevets d’invention ou marques, dessins et modèles — en fonction du droit visé, des actifs et des territoires du portefeuille à traiter.
-
Interrogez conflits d’intérêts, interlocuteur effectif, périmètre du devis et coordination des correspondants étrangers ; comparez l’organisation, pas seulement le tarif affiché.
-
Le secret professionnel du CPI couvre consultations, correspondances, notes d’entretien et pièces du dossier : point clé pour partager inventions et projets confidentiels.
Dans cet article
Pour choisir un conseil en propriété industrielle (CPI), vérifiez cinq points : son inscription sur la liste de l’INPI, sa spécialisation, son expérience sur l’actif concerné, les territoires traités et l’organisation réelle du suivi. Le titre est réglementé ; la qualification ne remplace toutefois pas l’examen de l’équipe, des conflits d’intérêts et du mode de facturation.
Les critères diffèrent selon qu’il faut protéger une invention, déposer une marque, négocier une licence ou préparer un contentieux. Commencez donc par définir le droit concerné et le résultat attendu avant de comparer les professionnels.
Quelles sont les missions d’un CPI ?
L’article L. 422-1 du Code de la propriété intellectuelle définit un périmètre large. Selon le dossier et sa spécialisation, le CPI peut intervenir pour :
- analyser une invention, un signe ou un actif immatériel ;
- définir une stratégie de dépôt et de protection ;
- rédiger et suivre des demandes auprès des offices ;
- gérer les échéances, renouvellements et inscriptions ;
- rédiger des consultations et des actes sous seing privé ;
- préparer une opposition, une négociation ou un dossier précontentieux.
Le travail ne se limite donc pas au dépôt. Il relie le droit, la stratégie de l’entreprise, les territoires à couvrir et les conditions d’exploitation des actifs.
Le CPI intervient à plusieurs étapes du cycle de vie d’un droit : avant dépôt pour cadrer la stratégie, pendant la procédure pour dialoguer avec l’office, puis après délivrance pour gérer les renouvellements, les extensions, les licences et les actions contre les tiers. Selon l’enjeu, un même cabinet peut donc être sollicité sur des dossiers très différents pour la même entreprise.
Quelles spécialisations vérifier ?
La liste des CPI distingue notamment les mentions « Brevets d’invention » et « Marques, dessins et modèles ». La première suppose une compétence scientifique ou technique adaptée aux inventions traitées. La seconde porte sur les signes distinctifs, l’apparence des produits et les procédures associées.
Un même cabinet peut réunir plusieurs profils. Pour choisir l’interlocuteur, vérifiez la mention inscrite, l’expérience sur le type d’actif et les pays concernés, ainsi que la capacité à coordonner les autres professionnels nécessaires. L’INPI publie l’annuaire officiel des CPI avec la mention rattachée à chacun ; il constitue le point de départ des vérifications.
Questions à poser avant de confier le dossier
- Qui réalisera concrètement l’analyse et qui sera votre interlocuteur régulier ?
- Comment les recherches, projets d’actes et échéances vous seront-ils présentés ?
- Quels travaux sont compris dans le devis et lesquels feront l’objet d’un accord séparé ?
- Comment les conflits d’intérêts sont-ils vérifiés ?
- Qui coordonnera les correspondants étrangers ou les autres professionnels si le dossier l’exige ?
Des réponses précises permettent de comparer l’organisation proposée, et pas seulement un tarif ou un nom de cabinet. Demandez un exemple de rapport d’état d’un portefeuille équivalent au vôtre : la façon dont un cabinet met en forme les échéances, les motifs de refus et les décisions à prendre en dit souvent plus qu’une présentation commerciale.
Quelle différence entre CPI et avocat ?
Le CPI intervient au cœur des procédures de propriété industrielle et peut représenter ses clients devant les offices dans le cadre de sa spécialisation. L’avocat assure notamment la représentation devant les juridictions lorsque la procédure l’exige.
Les deux professions travaillent souvent ensemble : le CPI structure les droits, l’historique des procédures et les arguments techniques ou juridiques ; l’avocat conduit les actes relevant du contentieux judiciaire. La répartition des rôles se décide en amont, notamment lorsqu’un dossier peut mêler opposition devant l’INPI, mise en demeure et procédure judiciaire dans des délais rapprochés.
Quelles garanties encadrent la profession ?
Le CPI est soumis au secret professionnel pour les consultations, correspondances, notes d’entretien et pièces du dossier. La profession prévoit aussi des règles de déontologie, une formation continue et des obligations d’assurance. L’article L. 422-11 du Code de la propriété intellectuelle fonde le secret professionnel du CPI, garantie centrale lorsque l’entreprise partage inventions non déposées, projets confidentiels ou éléments sensibles.
La Compagnie nationale des conseils en propriété industrielle (CNCPI) rappelle que ses membres sont inscrits sur la liste de l’INPI et soumis à des règles professionnelles communes. Cette inscription et l’adhésion à la CNCPI ne remplacent pas votre examen du cabinet, mais elles constituent une première vérification objective.
Vérifier au-delà du diplôme
Au-delà de la mention de spécialisation, examinez la trajectoire du cabinet sur votre secteur : nombre de dossiers similaires, publications, décisions publiées, participations à des instances professionnelles. Ces éléments ne préjugent pas de la qualité d’un dossier particulier, mais ils réduisent le risque d’un décalage entre votre portefeuille et l’expertise réellement disponible.
Interrogez également la stabilité de l’équipe. Un dossier de propriété industrielle se déroule sur plusieurs années ; le CPI qui rédige la première demande n’est pas toujours celui qui suivra une opposition trois ans plus tard. Une organisation qui documente ses dossiers permet un transfert propre entre associés et collaborateurs.
Cadrer la relation dès le premier dossier
Avant de confier un portefeuille, consultez l’annuaire de l’INPI ou de la CNCPI et demandez qui suivra réellement le dossier. Formalisez ensuite le cadre : périmètre des missions, livrables, échéances, tarif horaire ou forfaitaire, frais refacturés, gestion des correspondants étrangers, modalités de reporting et sortie éventuelle du dossier.
Quand le dossier progresse, ces règles pratiques prennent tout leur intérêt : elles évitent des malentendus au moment où le portefeuille grandit, où les échéances se multiplient ou lorsque plusieurs offices étrangers sont mobilisés dans une même semaine. Un cadre clair permet aussi de renégocier proprement le devis si le périmètre change en cours d’année.
Pour une lecture centrée sur les signes distinctifs, consultez aussi notre guide sur le rôle d’un conseil en marques.
Vous souhaitez définir ou revoir votre protection ? Découvrez les services de conseil en propriété intellectuelle de Klarc.

Auteur : Lucien Trouette
Conseil en Propriété IndustrielleQuestions fréquentes
Voici les réponses aux questions fréquentes sur ce sujet.
Comment vérifier qu’un professionnel est bien CPI ?
Comment vérifier qu’un professionnel est bien CPI ?
Consultez la liste ou l’annuaire publié par l’INPI et vérifiez la mention de spécialisation. Le titre de conseil en propriété industrielle est réservé aux professionnels inscrits.
Un CPI peut-il rédiger des contrats ?
Un CPI peut-il rédiger des contrats ?
Oui. L’article L. 422-1 inclut les consultations juridiques et la rédaction d’actes sous seing privé dans les services de la profession, notamment pour l’exploitation ou le transfert de droits.
Un CPI peut-il représenter un client devant l’INPI ?
Un CPI peut-il représenter un client devant l’INPI ?
Oui, dans les procédures correspondant à sa qualification et à sa mention de spécialisation. Le périmètre exact dépend du droit concerné et de la procédure.
CPI et avocat interviennent-ils sur les mêmes dossiers ?
CPI et avocat interviennent-ils sur les mêmes dossiers ?
Ils peuvent intervenir ensemble. Le CPI traite les droits et procédures de propriété industrielle ; l’avocat prend notamment en charge la représentation judiciaire lorsqu’elle est requise.
Le secret professionnel couvre-t-il les échanges avec un CPI ?
Le secret professionnel couvre-t-il les échanges avec un CPI ?
Oui. L’article L. 422-11 couvre notamment les consultations, les correspondances professionnelles, les notes d’entretien et les pièces du dossier, sous les réserves prévues par le texte.
Quand consulter un conseil en propriété industrielle ?
Quand consulter un conseil en propriété industrielle ?
Avant une divulgation, un dépôt, une signature de contrat, une extension internationale ou une action contre un tiers. Une consultation précoce laisse davantage d’options de protection.

