Cession de marque : contrat et inscription au registre

Cession de marque : vérifiez le titre, définissez les produits et services transférés, signez un écrit puis inscrivez le changement au registre compétent.

Portrait de Joachim Brindeau, avocat en droit des affaires
Joachim Brindeau Avocat en droit des affaires

Céder une marque, ce n’est pas seulement transmettre un numéro d’enregistrement. L’opération peut emporter tout ou partie des droits attachés au titre, mais elle doit être constatée par écrit. Sans acte valable, la cession est nulle.

Le premier réflexe consiste donc à vérifier ce qui existe réellement : titulaire inscrit, statut de la marque, produits et services couverts, échéances, licences, sûretés et litiges éventuels.

Définir précisément le périmètre

Une cession peut concerner tous les produits et services désignés, ou une partie seulement. Elle ne peut toutefois pas être limitée à un territoire : l’article L. 714-1 du Code de la propriété intellectuelle l’exclut, y compris pour une cession partielle.

Chaque titre doit être identifié par son numéro, sa nature, son titulaire et le registre dont il relève. Reste ensuite à regarder ce qui gravite autour de la marque. Selon l’opération, le transfert peut aussi concerner :

  • une demande encore en cours d’examen ;
  • des variantes du signe ou des éléments graphiques ;
  • des noms de domaine et comptes en ligne ;
  • des droits d’auteur, archives ou contrats associés ;
  • les actions engagées pour défendre le titre.

Une liste détaillée évite qu’un actif utile à l’exploitation reste, par oubli, chez le cédant.

Reconstituer la chaîne de titularité

Le nom inscrit au registre ne suffit pas toujours à raconter l’histoire du titre. Le cédant doit être en mesure de justifier ses droits. Si des transmissions antérieures n’ont jamais été inscrites, leur régularisation pourra précéder la nouvelle cession ou l’accompagner.

Licences, nantissements, saisies, copropriétés et procédures méritent aussi d’être examinés. La vente ne fait pas disparaître les droits déjà accordés à des tiers. Elle n’efface pas davantage un risque de déchéance ou de nullité.

Écrire un contrat adapté à l’opération

Prix, date d’effet, conditions suspensives, paiement, documents remis : le contrat fixe les éléments essentiels de l’accord. Il doit aussi répondre à des questions très pratiques. Qui suit un renouvellement déjà engagé ? Qui intervient dans une opposition en cours ? À quelle date l’acquéreur reprend-il les frais et les décisions ?

Les garanties portent habituellement sur la titularité, les pouvoirs du signataire, les contrats existants et l’absence de sûretés non révélées. Leur étendue dépend toutefois des vérifications réalisées et des informations disponibles. Garantir tout succès commercial, ou promettre qu’aucune contestation ne surviendra, serait peu réaliste.

Prévoir la période qui suit la vente

Parfois, le cédant doit encore utiliser le signe pendant quelques semaines. Une licence transitoire ou un délai d’écoulement des stocks peut alors organiser cette période. Emballages, sites internet, comptes sociaux, noms de domaine et information des distributeurs suivent leur propre calendrier ; mieux vaut le prévoir dans l’acte.

Lorsque la marque accompagne une activité plus vaste, l’acquéreur doit recevoir les moyens de l’exploiter de façon cohérente. Le titre seul aura peu d’utilité si les visuels, les données ou les contrats indispensables restent hors du transfert.

Rendre le transfert opposable aux tiers

Pour une marque française, l’inscription au Registre national des marques informe les tiers et rend la modification opposable. L’INPI demande notamment un extrait de l’acte permettant d’identifier les parties, les signatures, la nature de l’opération et le titre concerné.

Une marque de l’Union européenne relève de l’EUIPO. Une marque internationale relève, quant à elle, de l’OMPI et de ses règles propres. Après la formalité, contrôlez les données publiées, puis actualisez les mandats et les adresses de correspondance.

Pour préparer l’acte et les inscriptions, consultez notre service de cession de marque.

Si l’acquéreur reçoit seulement un droit d’usage, il s’agit plutôt d’une licence de marque. Les alertes issues de la surveillance du portefeuille doivent aussi être examinées avant la signature : une procédure en cours peut modifier le risque, le prix ou les garanties négociées.

Questions fréquentes

Une cession de marque doit-elle être écrite ?

Oui. L’article L. 714-1 prévoit que la cession des droits attachés à la marque est constatée par écrit à peine de nullité.

Peut-on céder une marque pour certains produits seulement ?

Oui, une cession partielle peut viser certains produits ou services couverts par le titre.

Peut-on limiter la cession à une région française ?

Non. La cession, même partielle, ne peut pas comporter de limitation territoriale selon l’article L. 714-1.

Pourquoi inscrire la cession au registre ?

L’inscription informe les tiers, met à jour le titulaire et permet de rendre la modification opposable dans les conditions applicables.

Quel office traite l’inscription ?

L’office dépend du titre : INPI pour les marques françaises, EUIPO pour les marques de l’Union européenne et OMPI pour les marques internationales.

Sources

Sources consultées le 21 août 2026

Cette page a été révisée pour la dernière fois le 21 août 2026 et s’appuie sur les sources ci-dessous.
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